Publié le 31 juillet 2019

Dépôt d’une plainte au Conseil de presse du Québec concernant une désinformation sur le climat, suivie d’un "rectificatif" mensonger, publiés dans La Presse

« La fonction première (des médias et des professionnels de l’information)  est de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète sur toute question d’intérêt public. » [Extrait du guide des Droits et responsabilités de la presse, p. 7]  

« (Nos chroniqueurs) donnent leur opinion en la basant sur des faits vérifiés, en respectant ceux et celles qui ne la partagent pas. »  [Déclaration, le 10 juin 2019, d’Éric Trottier, Vice-président, Information et éditeur adjoint au journal La Presse, ainsi que Membre du Conseil d’administration du Conseil de presse du Québec]

  • À Madame Linda David,
  • Responsable, gestion des plaintes et analyste,
  • Conseil de presse du Québec

Madame,

Je soumets par la présente que le journal La Presse ainsi que son journaliste attitré, Patrick Lagacé, en publiant le 30 mai 2019, une désinformation manifeste dans une chronique intitulée « À la défense de Dominic Champagne »,

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ont failli à la fonction journalistique essentielle qui est « de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète sur toute question d’intérêt public », tout « en basant (leur opinion) sur des faits vérifiés. »

Dans cette chronique, Patrick Lagacé affirmait en effet — deux fois plutôt qu’une — que « 97% des 11 944 études scientifiques publiées sur le climat entre 1991 et 2011 concluaient que le climat se réchauffe à cause de l’activité humaine ».

C’est faux.

(Je l’explique plus en détail, un peu plus loin, dans la section intitulée « Pourquoi la déclaration de Lagacé est-elle fausse ? »)

La fausseté de cette affirmation est d’autant plus manifeste qu’elle est contredite par la source même que Lagacé donnait en référence dans sa chronique ! On ne peut donc pas dire, dans ce cas, que les faits sur lesquels il s’est basé ont été vérifiés sérieusement !

Il était parfaitement légitime, bien sûr, que Patrick Lagacé se porte « à la défense de Dominic Champagne », s’il le jugeait à propos. Mais il n’a pas le droit ce faisant, de tromper les lecteurs de La Presse sur un point susceptible de revêtir une grande importance lors des prochaines élections, quand il fait accroire, en se basant sur cette étude de Cook et al., que la campagne écologiste que mène Dominic Champagne présentement, reçoit l’appui d’une vaste majorité de scientifiques aptes à se prononcer sur la question du climat. En ce sens, je considère que cette désinformation porte atteinte à la démocratie.

Cette légende du « consensus à 97% » tire son origine d’un article publié en 2013 du militant écologiste John Cook. La fausseté de ce « consensus » a été maintes fois démontrée et dénoncée depuis. Mais cette légende, reprise et claironnée par La Presse, conserve encore son pouvoir de désinformation liberticide sur l’information scientifique concernant les changements climatiques. Parce que c’est sur cette légende du «consensus à 97% » que s’appuient depuis six ans la plupart des médias au Québec — dont Radio-Canada en 2015, avec son émission « Les années-lumière » — pour censurer ceux parmi les scientifiques qui dénoncent l’alarmisme du GIEC et les solutions illusoires qu’il propose. La désinformation claironnée par La Presse n’est donc pas banale.

J’ai donc envoyé, le 18 juin dernier, un courriel à MM. Éric Trottier et François Cardinal pour demander de corriger cette désinformation. Compte tenu de la portée médiatique d’une telle fausseté, dans une chronique bien en vue et lue par des centaines de milliers de personnes, j’ai proposé que la seule façon juste et équitable de corriger cette désinformation était de publier une anti-chronique —  comme celle ci-jointe, intitulée « Pour en finir avec cette fable du consensus à 97% des scientifiques sur le climat » —  en lieu et place d’une chronique de Patrick Lagacé. Et ce, dans les plus brefs délais possibles afin d’en minimiser les dommages.  

N’ayant reçu aucun accusé pour ce courriel du 18 juin, je réitère donc ma demande le 21 juin. Je vous ai alors mise personnellement en copie conforme de ce courriel, Madame David,  pour que vous soyez témoin de ma tentative de règlement préalable au dépôt éventuel d’une plainte formelle au CPQ.  

Le même jour, je reçois de M. Trottier un accusé de réception en réponse au courriel précédent. Mais ensuite, silence radio.

J’envoie donc six jours plus tard, le 27 juin, un troisième courriel pour réitérer ma demande de correction.  

Paraît  alors dans La Presse du 5 juillet, un soi-disant « rectificatif », presqu’inaperçu. Un chroniqueur trompète une grossière désinformation en page 3 du journal et La Presse  murmure ensuite, un mois plus tard, un rectificatif discrètement enfoui quelque part en fond de journal. Et elle prétend ensuite avoir corrigé équitablement la faute ?

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Mais c’est encore pire! Ce « rectificatif », loin de rectifier la désinformation propagée le 30 mai dernier par Lagacé, la relance à nouveau, en la maquillant maintenant d’un mensonge !

(J’explique un peu plus loin, dans la section « Pourquoi le rectificatif de La Presse est-il mensonger ? »)

Le 12 juillet, j’envoie donc un quatrième courriel, où j’accuse carrément cette fois La Presse d’avoir publié le 5 juillet un « rectificatif » mensonger. Et je réitère pour une quatrième fois ma demande de publier un « vrai » rectificatif.

Dix-neuf jours après ce dernier courriel, n’ayant reçu aucune réaction, j’en ai conclu que La Presse refusait de corriger de bonne foi, une désinformation pourtant flagrante. Je décide donc de déposer une plainte au Conseil de presse du Québec. En espérant que vous aurez plus de succès que moi à convaincre La Presse (ou d’autres médias) à publier un « vrai » rectificatif cette fois. (Mais ce n’est pas évident quand je vois que celui-là même que j’accuse d’avoir publié un « rectificatif » mensonger, M. Éric Trottier, siège présentement comme administrateur au sein même du CPQ... J’y vois là une sorte de conflit d’intérêts.)

Afin de minimiser les dommages que cette désinformation, maquillée d’un mensonge, pourrait avoir sur la démocratie électorale, ainsi que sur la confiance du public à trouver dans les médias une information honnête, je rappelle qu’il serait impérieux que ce rectificatif soit publié AVANT que ne débute la prochaine campagne électorale fédérale.

En vous remerciant,  

Alain Bonnier, Ph.D. (physique)

Le  texte complet de la plainte comprend les sections suivantes :
  • Motifs de la plainte au Conseil de presse du Québec
  • Pourquoi la déclaration de Lagacé est-elle fausse ?
  • Pourquoi devrait-on éviter cet argument du « consensus à 97% » ?
  • Pourquoi le rectificatif de La Presse est-il mensonger ?
  • Courriels envoyés à La Presse entre le 18 juin et le 12 juillet
  • 1er Courriel envoyé à La Presse le 18 juin
  • 2ème Courriel envoyé à La Presse le 21 juin
  • Accusé de réception de M. Trottier, le 21 juin
  • 3ème Courriel envoyé  à La Presse le 27 juin
  • Réponse de M. Trottier, le 27 juin
  • Courriel de M. Trottier, le 5 juillet
  • 4ème Courriel envoyé à La Presse  le 12 juillet
  • Ma demande de correction
Pour obtenir le  texte complet de la plainte au CPQ (26 pages en format PDF),
Cliquez sur le lien ci-dessous
Pour obtenir l'anti-chronique intitulée :
"Pour en finir avec le consensus à 97% des scientifiques sur le climat"
(4 pages en format PDF), Cliquez sur le lien ci-dessous
Pour obtenir le Communiqué de presse d'Alain Bonnier émis le 2 août 2019 à 15h30, intitulé "Plainte au CPQ contre le journal La Presse" (2 pages en format docx),
Cliquez sur le lien ci-dessous