L’homéopathie confrontée à la physique

Alain Bonnier, physicien
La théorie quantique est un des fondements de la physique moderne. Elle décrit l’étonnant comportement de la matière quand les actions en jeu sont de l’ordre de la constante de Planck. Mais l’étrangeté de ses concepts et l’abstraction de son formalisme mathématique — pourtant de toute beauté ! — la rendent, hélas, difficilement accessible. Les charlatans ont alors beau jeu de l’invoquer pour impressionner le profane et donner une apparence de scientificité à leurs prétentions.
C’est le cas notamment des homéopathes qui se basent pour ce faire sur l’idée que la physique quantique ne concernerait que les phénomènes microscopiques. « La physique quantique, nous dit l’homéopathe et philosophe (!) Philippe Colin, concerne d’abord l’étude des phénomènes microscopiques et ultramicroscopiques. Nous voyons bien que le médicament homéopathique, préparé par une dilution et une succussion, rentre tout à fait dans ce cadre-là, ce d’autant plus que les hautes dilutions homéopathiques appartiennent au domaine ultramicroscopique. »
Joliment dit, mais faux. Le calcul de l’action caractéristique d’une préparation homéopathique, que nous présentons ici, indique que cette action se situe plutôt hors du domaine quantique tel que défini par la constante de Planck. Et que par conséquent, la physique quantique ne saurait s’appliquer à l’homéopathie.
Par ailleurs, les homéopathes font grand cas d’un supposé «message de guérison» (via la fameuse « mémoire de l’eau ») qui serait transmis du granule au patient, grâce aux procédés homéopathiques. Ici, ce sont deux autres théories physiques qui sont interpellées : la thermodynamique et l’informatique. Le calcul de l’augmentation d’entropie résultant de la dilution et de la succussion homéopathiques indique que ces procédés ont plutôt pour effet d’effacer une partie de l’information moléculaire. Et que par conséquent, ces procédés font l’exact contraire d’inscrire une information dans une solution homéopathique.
Ils l’effacent.
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